Connectez-vous
Menu

JOURNEE MONDIALE DE LA FEMME. Des femmes réclament une autre façon de célébration du 08 Mars

Jeudi 7 Mars 2019

JOURNEE MONDIALE DE LA FEMME.  Des femmes réclament une autre façon de célébration du 08 Mars
Officialisée en 1977 par  les Nations unies, la journée internationale de  la  femme invite tous les pays de la planète à célébrer le 08 Mars  pour les droits des femmes.  A Saint-Louis les associations de femmes militantes organisent des activités   pour faire aboutir leurs revendications, améliorer la condition féminine et sensibiliser leurs sœurs sur leurs droits. Mais malheureusement certaines femmes ignorent encore l’existence de cette journée qui leur est dédiée et continuent toujours de souffrir.   Portrait de l’une d’elles.
 
De taille moyenne, teint clair, Ndeye Niang est vendeuse de poisson de profession. Métier qu’elle exerce depuis plus de 08 ans entre Pikine, son quartier natal et les différents sites de débarquement de la capitale du Nord. Très connue dans ce  quartier populaire du faubourg de Sor, Ndeye Niang ne passe plus inaperçue à Tableau Walo et environs. Sa voix sifflotant  est devenue même familière  aux plus petits enfants de cette localité, avec son fameux appel de  « ko dieunde dieune » (qui achète du poisson). Sans risque de se tromper, on peut dire que la lourdeur de la bassine qu’elle porte quotidiennement est entrain de déformer cette mère de famille de 38 ans. Tellement son métier n’est pas de tout repos. Chaque jour que Dieu fait, elle se lève à 05 heures du matin pour aller chercher du poisson à vendre au quai de pêche de Diamalaye ou dans les autres sites des frigos surtout quand le produit halieutique est rare à Saint-Louis. Mère de cinq bouts de bout de Dieu,  dont le plus âgé est  en classe de 3e secondaire dans un collège de la place, la mère de famille se voit ainsi obligée de préparer le petit déjeuner et tous les ingrédients pour  l’école des enfants avant 04 heures 30. Malgré les heures nocturnes qu’elle se lève pour trouver quoi subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, Ndeye Niang  revient à la maison, à la mi-journée pour cuisiner le repas familial après avoir fait le tour du sous quartier de Tableau Walo avec sa lourde bassine de poisson sur la tête. D’ailleurs  le repos, elle n’en prend que rarement. Seulement si elle est gravement malade, avance-t-elle.  Et la journée internationale de la femme, elle déclare l’ignorer. «  Je ne me sens être concernée par cette fête de la femme. En suite quand je ne vends pas,  ma famille ne mange pas, donc cette journée est réservée aux femmes de bureau, qui bon an ou mal an,  ont quelque chose dans leurs pochettes. Depuis des années c’est moi qui gère la famille parce que mon mari a été licencié de son poste. Il fait de petits boulots mais peine vraiment à joindre les deux bouts »  a-t-elle lancé. A l’en croire, si réellement la journée  est à toutes les femmes sans exception, elle doit être revue et corrigée pour en faire bénéficier à tout le monde. « Nous qui n’avons pas de moyens pour accéder aux financements, méritons du soutien de la part des autorités. Malheureusement on préfère les donner aux grandes dames, qui souvent ne pensent qu’à leurs amies ou à leurs familles. Mais on gardera toujours notre dignité pour nourrir nos enfants et s’occuper de leurs études malgré nos maigres moyens  » a soutenu Ndeye Niang.
Cheikh Konaté





Flux RSS